Renforcement de la prise en charge décentralisée des enfants vivant avec le VIH au Sénégal




La précocité TAR est associée à une plus grande efficacité.
Le TAR a évolué avec l’avènement de schémas optimisés et les nouvelles formulations (Combinaison à dose fixe, comprimés dispersibles, granulés)
Bloquer la réplication du VIH
Réduire au maximum la charge virale dans le sang et le plus longtemps possible (CV indétectable) ;
Restaurer l’immunité (le nombre de lymphocytes CD4 revient à la normale) ; Réduire le risque de transmission du VIH.
Le TAR doit inclure au moins 3 molécules antirétrovirales au moins de deux familles différentes. Le TAR est un traitement à vie et nécessite une bonne observance.
Le VIH peut muter rapidement et développer une résistance si seulement un ou deux ARV sont utilisés.
Il existe 5 grandes classes d’ARV :
Ils inhibent la transformation de l’ARN Viral en ADN proviral ex : Zidovudine ou AZT, Lamivudine ou 3TC, Tenofovir ou TDF, Abacavir ou ABC.
Leur principal avantage est leur efficacité.
Leurs inconvénients sont la toxicité au long cours et l’émergence de résistances
Ils inhibent l’enzyme reverse transcriptase.
Les deux exemples d’ARV inhibiteurs non Nucléosidiques de la Reverse Transcriptase (INNRT) sont la Névirapine (NVP) et l’Efavirenz (EFV).
Leur principal avantage est leur présentation sous forme combinée à dose fixe Leurs inconvénients sont :
Les inhibiteurs de protéase (IP) bloquent la capacité du virus à arriver à maturation, l’empêchant d’infecter d’autres cellules (ex : Lopinavir, Atazanavir, Darunavir). Ils sont boostés avec le ritonavir.
Ils inhibent l’intégration de l’ADN proviral dans l’ADN des cellules infectées (ex : Dolutégravir, Raltégravir).
charge virale.
Ils empêchent la fusion VIH-CD4. Néanmoins ces médicaments ne sont pas encore disponibles au Sénégal
(Ex : Maraviroc)
Les 5 familles d’ARV

Figure 19 : Les 5 familles d’ARV

Même si les effets secondaires sont légers, le répondant a besoin d’être écouté et conseillé. Les effets secondaires peuvent entraîner l’arrêt des ARV par le patient.
Lors de l’initiation des ARV, le répondant doit bénéficier des informations sur les effets secondaires potentiels des ARV prescrits.
Le tableau ci-dessous décrit les symptômes associés aux effets secondaires et la conduite à tenir.
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Symptômes |
Conduite à tenir |
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Nausées/vomissements |
• Eviter les aliments épicés, gras et acides • Si vomissements dans les 15-20 minutes suivant la prise d’ARV, renouveler la prise • Anti-émétiques dans les cas sévères |
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Diarrhée |
• Donner des aliments constipants (pommes, bananes, pains et riz complet) • Hydrater (SRO) |
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Perte d’appétit |
• Repas de petites quantités et plus fréquents • Encourager la pratique d’exercices physiques pour stimuler l’appétit |
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Céphalées/courbatures |
• Paracétamol • Repos dans une pièce calme et obscure |
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Troubles du sommeil |
• Prendre les ARV le matin |
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Vertiges/fatigue |
• Prendre les ARV le soir avant de dormir |
Le répondant doit consulter le plus rapidement possible devant les signes d’alertes cités dans le tableau ci-dessous.
– L’hypersensibilité est une réaction sévère mais rare chez les africains ; elle apparait généralement dans les 15 premiers jours après l’initiation d’un schéma thérapeutique contenant l’ABC. Elle doit être suspectée devant une fièvre, un rash cutané ou devant une détresse respiratoire. Elle impose l’arrêt immédiat et définitif d’ABC.
Les enfants qui ont été initiés au TARV à un stade avancé de la maladie peuvent développer le syndrome de restauration immunitaire (IRIS)
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Signes d’alerte |
Effets secondaires |
A faire |
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• Fièvre élevée • Eruption sévère • Difficultés respiratoires • Maux de tête sévères • Perte de conscience • Diarrhée et vomissement avec déshydratation |
ABC : hypersensibilité |
Arrêt immédiat ABC et ne jamais reprendre |
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Syndrome de restauration immunitaire (IRIS) |
Soins de soutien, certains cas peuvent nécessiter des stéroïdes, maintien des ARV le plus souvent |
Le traitement optimisé permet d’obtenir plus de patients en succès virologique et d’avoir plus de patients ayant une CV indétectable et le plus longtemps possible.
Optimisation : Utilisation au mieux et de façon plus efficace d’une ressource. Dans ce contexte, c’est choisir le traitement le plus adapté à chaque cas.
Les ARV optimisés sont :
Ils ont une barrière génétique élevée
Le traitement optimisé permet d’obtenir plus de patients en succès thérapeutique et plus de patients ayant une CV indétectable et le plus longtemps possible
Idéalement, les préalables à la mise sous TAR sont :
Si toutes les conditions ne peuvent être réunies, démarrer le TAR dès que possible après confirmation de l´infection à VIH.
Il faudra noter que l’initiation au TAR ne doit plus se faire avec la NVP ou l’EFV. Pour tous les enfants, l’initiation au TAR se fera avec le DTG ou le LPV/r.
Les protocoles de 1ère ligne sont indiqués sur la table de posologie des différentes formulations d´ARV pédiatriques disponibles ci-dessous :
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Poids |
Schéma 1re ligne |
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< 20 kg |
ABC+3TC+DTG10/LPV/r |
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20 – 29,9 kg |
ABC+3TC+DTG50 |
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≥ 30 kg |
TDF+3TC+DTG50 (TLD) |
Pour switcher il faudra réunir les deux critères suivants :
o Protocole de traitement comportant NVP ou EFV
o CV supprimée < 1000 copies/ml
Directives nationales pour la transition des patients en 1re ligne vers des schémas optimisés

L’OMS recommande fortement l’abandon des protocoles à base de EFV et NVP.
Tous les enfants sous traitement seront switchés vers les protocoles optimisés s’ils sont stables.
Tous les patients sous NVP seront switchés conformément aux nouvelles re commandations (< 20 kg : ABC/3TC/LPV/R ou DTG, entre 20 et 30 kg ABC/3TC/DTG50, après 30 kg TLD).
Cas particuliers des enfants de -20 kg :

A partir de 20 kg passer au DTG si l´enfant est stable.
L’échec thérapeutique ne se conçoit qu’après au moins 6 mois de traitement.
Il est :
L’échec virologique est défini par une charge virale plasmatique supérieure ou égale à 1000 copies/mL, sur la base de deux mesures de charge virale consécutives à 3 mois d’intervalle, après un renforcement d’ETP entre les 2 mesures et cela à partir du 6ème mois de traitement.
Il est considéré comme un événement clinique stade 3 ou 4 OMS (sauf tuberculose et SRI) après 06 mois de Traitement antirétroviral
NB : En cas d’échec de première ligne passer en deuxième ligne sans génotypage
Différentes options de traitement de 2ème ligne sont disponibles pour l’enfant :

Les éléments du suivi différencié d’un enfant sous TAR suivants sont à considérer :
